Chaque année, lorsqu’arrive le mois de mars, c’est à mon père que je pense, probablement parce que j’ai été marqué par son départ le 16 mars 1968 alors que je n’avais que onze ans. Cinquante-trois ans se sont écoulés et son souvenir est demeuré très présent.

Il est né le trois juillet 1911. Il était de fils de Ferdinand Gauvreau et de Desneiges Plamondon. Son parrain était Osias Lacroix (1879-1964), alors épicier, et son épouse Zorilla Langlois (1878-1952), cousine de sa mère au troisième degré. Il a été baptisé Joseph Osias Vincent Gauvreau à l’Église Saint-Sauveur de Québec. Il était le dixième enfant de la famille.

Registre de la paroisse Saint-Sauveur de Québec

Église Saint-Sauveur de Québec

Ferdinand Gauvreau, Desneiges Plamondon et Osias Lacroix

Osias Lacroix avait aussi été mon parrain et sa seconde épouse Anna-Marie Guay (1893-1963) était ma marraine. Ils habitaient alors au 2183 de la 1re Avenue à Québec.

Archives du Action Catholique (1952) / journal Le Soleil de Québec (1963, 1964)
Avis de décès de Zorilla Langlois-Lacroix, Osias Lacroix et Anna-Marie Guay-Lacroix

Mon père était le 10e enfant de la famille. Je ne sais pas grand-chose de son enfance, à part qu’elle habitait le quartier Saint-Sauveur .

Mon père a fait carrière dans l’enseignement. Il était diplômé de l’École Normale Laval de Québec. Cette école était affiliée à l’Université Laval. J’ai retrouvé dans le journal Le Soleil du 17 juin 1936 un article où on mentionne son nom pour avoir obtenu son brevet d’enseignement élémentaire à cette école.

École normale Laval (1943)
Vers 1960, le bâtiment est détruit pour faire place 
à l'école secondaire Joseph-François-Perrault,
située au 140 boulevard Sainte-Foy à Québec.

L’École normale Laval nait en 1856 d’une loi de l’Assemblée législative de la province du Canada et d’un règlement du surintendant des écoles pour le Bas-Canada. L’institution, qui relève de l’Université Laval, est vouée à la formation des futurs enseignants. C’est donc sans surprise si la matière principale à l’étude est « […] la pédagogie ou la science de l’éducation »*. L’enseignement destiné à la clientèle masculine s’effectue initialement au Château Haldimand, alors nommé le Vieux Château, en mai 1857. L’école y demeure jusqu’en 1892, à l’exception d’une période (1859-1866) pendant laquelle le bâtiment est réquisitionné pour loger le corps administratif du gouvernement de la colonie. Mentionnons que la  clientèle féminine, de son côté, étudie au monastère des Ursulines à compter de 1857. Elle sera transférée sur le site de l’actuel Collège Mérici en 1930.

En 1892, l’École normale Laval doit quitter son berceau puisque le Vieux Château est appelé à faire place au Château Frontenac. Jusqu’en 1900, l’institution scolaire est hébergée par le Séminaire de Québec dans un bâtiment de la rue de l’Université. En 1900, à la suite de pressions condamnant l’insalubrité des locaux, le gouvernement provincial acquiert l’ancienne villa de l’homme d’affaires Guillaume-Eugène Chinic pour y installer l’École normale Laval. Située sur le chemin Sainte-Foy non loin de l’avenue Cartier, la vieille résidence de 1853 est rehaussée d’un étage et se voit bientôt entourée d’une aile de chaque côté (1901, 1911). C’est dans cette configuration qu’apparaît l’école sur la photographie de 1943.

Lire la suite sur https://histoireurbaine.wordpress.com/2014/12/14/lecole-normale-laval-1943/

Lors du décès de son frère André en 1944, l’article sur les funérailles paru dans Le Soleil du 3 juin nous indique que Vincent vivait en Gaspésie. Ma mère m’a raconté qu’il avait enseigné à Paspébiac quelques années avant leur mariage.

Je ne sais pas trop en quelle année remonte la rencontre de mon père et de ma mère Yvette Jarest (Sault-Sainte-Marie, Ontario-1921 / Longueuil-1993). Ce que je sais par contre, c’est qu’une de ses amies avec qui elle avait étudié à l’Hôtel-Dieu de Montréal, Françoise Desrochers (Saint-Jacques-de-Montcalm-1917 / Saint-Jacques-de-Montcalm-2004), lui avait été présentée. Mon père avait de toute évidence le béguin pour la belle Yvette, davantage que pour la belle Françoise.

Dans les faits, Françoise a été une grande amie de ma mère jusqu’à son décès en 1993. Elle était si présente à certains moments de notre vie que nous l’appelions « tante Françoise », alors que nous n’avions aucun lien familial.

Françoise devait être ma marraine, mais pour une raison que j’ignore, elle a été remplacée par l’épouse de mon parrain, Anna-Marie Guay (1893-1963). Cependant, j’ai dans mes prénoms de baptême celui de François pour cette raison. Françoise Desrochers ne s’est mariée qu’en 1971 à la Basilique Notre-Dame Montréal avec William James Stuart Mercer (Pointe-Saint-Charles 1908 / Montréal-1976). Ce dernier était veuf de Florence Coughlin (Montréal-1911/ Montréal-1954) qu’il avait épousé en 1936.

Acte de mariage de William-James Mercer et Florence Coughlin,
Église anglicane St-Augustin de Canterbury, Montréal, Québec 1936

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Françoise Desrochers

Sépulture de Françoise Desrochers-Mercer
Cimetière de Saint-Jacques-de-Montcalm

Note: Son époux William James Mercer est enterré
au cimetière de la Côte-des-Neiges à Montréal 
auprès de la sa première épouse Florence Coughlin.

Mon père a sûrement commencé à fréquenter ma mère dans les années qui ont suivi son retour de la Gaspésie. En 1946, il habitait déjà à Saint-Laurent de l’île d’Orléans comme en témoigne cette lettre qu’il lui a écrite à ma mère le 2 juin de cette année-là. Yvette habitait sur la rue Marquette à Sherbrooke. Ils se sont épousés à l’Église Sainte-Bibiane de Richmond le 20 juillet 1946. Ils habiteront à Saint-Laurent quelques années.

Dans cette lettre, je découvre toute la foi de mon père et le romantisme qui l’habitait. Je me revois à une certaine époque de ma vie.

Lettre envoyée par Vincent à Yvette le 2 juin 1946

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Yvette Jarest-Gauvreau et JO Vincent Gauvreau
Mariage le 20 juillet 1946.
Église Sainte-Bibiane de Richmond aujourd'hui.

Par la suite, la famille a déménagé un temps à Saint-Vallier-de-Bellechasse où mon père aurait enseigné au primaire. Aux dires de ma mère, les conditions de travail étaient difficiles. Aucun salaire ne lui aurait été versé à plusieurs reprises. Maman m’a raconté que les élèves apportaient parfois des victuailles pour que papa puisse nourrir la famille. Il est certain que la situation familiale était très précaire.  Évidemment, il s’agit ici d’une transmission orale de l’histoire. J’aimerais appuyer cette version des faits par quelques documents s’il était possible que je puisse en découvrir.

Vers 1953, nous retrouvons Vincent et sa famille à Plessisville dans les Bois-Francs, ce que nous appelons maintenant la région du Centre-du-Québec. Plessisville anciennement nommée Saint-Calixte-de-Somerset, fait aussi partie de ce que nous appelons la région de l’Érable dont elle est le chef-lieu.

À ce moment-là, Vincent et Yvette ont deux enfants; Richard et Micheline. Je naîtrai plus tard le 13 mars 1957, deux ans avant le départ de la famille pour Longueuil en Montérégie. Yvette est tombée enceinte une autre fois par la suite, mais elle perdra l’enfant. Vincent est professeur à l’école Saint-Édouard.

Mon père était une personne très impliquée dans sa communauté. On le retrouve à la Ligue du Sacré-Cœur [1] et à la Société Saint-Jean-Baptiste [2]. C’est du moins ce que me confirment des articles parus dans la Tribune de Sherbrooke et dans le journal de l’Action catholique.

La Tribune, 13 août 1955

La Tribune, 1956

L'Action catholique , 16 novembre 1955

En 1959, toute la famille quitte Plessisville pour aménager dans un logement sur le Chemin de Chambly à Longueuil, entre la rue Saint-Charles et le fleuve. La rue Marie-Victorin n’est alors qu’un chemin de terre séparé des berges du fleuve par un rempart de béton. Aujourd’hui, le rempart et les berges ont fait place à la route 132.

Vincent enseigne dans un premier temps au Collège de Longueuil alors dirigé par les Frères des écoles chrétiennes. En 1962, une annexe est construite à l’Académie Saint-Georges de Longueuil dirigée par les Sœurs du Saint-Nom de Jésus et de Marie. Les deux bâtiments deviennent l’école Saint-Antoine. Vincent y enseignera et il y travaillera aussi comme bibliothécaire. Il poursuivra les mêmes fonctions à l’école de Normandie et à l’école Saint-Baptiste jusqu’en février 1968.

   

Archives de la Société historique Le Marigot
Collège de Longueuil, Académie Saint-Georges, École Saint-Antoine

Le 16 mars 1968, il s’éteint à l’Hôpital Saint-Jeanne-d ’Arc de Montréal à la suite d’une maladie dont même une autopsie n’a pu révéler l’origine première de son décès, sauf qu’elle lui avait causé une septicémie. Le 20 mars suivant, les funérailles se sont déroulées à l’Église Saint-Antoine-de-Padoue sur la rue Saint-Charles à Longueuil. L’inhumation a suivi en fin de journée au Cimetière Saint-Charles de Québec où il repose avec ses parents, son frère Robert et sa sœur Éliane. Le souvenir le plus pénible de cette journée a sans aucun doute été  la longue route entre Longueuil et Québec dans le brouillard et sous la pluie verglaçante. C’était tellement lugubre!

Co-cathédrale Saint-Antoine-de-Padoue
Diocèse de Saint-Jean / Longueuil

Vincent, l’homme de foi

Reposoir de la fête du Sacré-coeur à Québec en 1950
Père Victor Lelièvre, omi

Mon père se disait disciple du Père Victor Lelièvre [3]. Ce père oblat a eu une grande influence sur sa pratique religieuse de ses paroissiens à l’Église Saint-Sauveur de Québec, particulièrement en lien avec la dévotion au Sacré-Cœur et l’adoration du Saint-Sacrement. Cette foi populiste fait naitre certaines croyances plutôt proches de la superstition. Je me souviens d’une discussion au salon funéraire, avant les obsèques de mon oncle Robert Gauvreau, entre ma mère et tante Yvette, au sujet de pages d’un livre du Père Lelièvre qu’on déposait dans le cercueil d’un défunt pour lui permettait d’accéder plus facilement au Paradis. C’est dire comment cet homme a marqué l’imaginaire collectif dans son temps.

Vincent faisait aussi partie d’une association catholique d’adoration nocturne. Il devait se lever durant la nuit pour aller faire une heure d’adoration devant le Saint-Sacrement tous les premiers vendredis du mois. J’ai lu aussi ans un hommage paru dans un journal soulignant son décès, qu’une de ses devises était « Tout m’est égal, sauf Dieu ».

Sûrement que toute cette religiosité catholique a eu une influence dans ma vie, malheureusement pas toujours positive. Elle a même contribué à ma rupture avec l’institution pour adhérer au protestantisme libéral et inclusif de l’Église Unie du Canada lorsque je vivais à Québec.

Ça n’enlève rien au fait que mon père était un homme de foi, tout comme ma mère était très croyante. Ce n’est pas leur foi que je remets en question, mais plutôt le prosélytisme d’une église qui m’apparait personnellement naïf et aujourd’hui dépassé. En revanche, l’époque et le contexte social étaient ceux d’un Québec où tout passait par l’Église. Les clercs et les religieuses étaient omniprésents dans toutes les sphères de la société. Il faut reconnaitre que ça n’a pas été toujours négatif. Du même coup, il faut bien admettre que le modèle de la société québécoise de l’époque ressemblait beaucoup à ce qu’on voit encore de nos jours dans les bastions conservateurs des États-Unis.

Nul doute que c’est ce qui a rendu mon père si réfractaire aux changements dans l’éducation après la publication du rapport Parent [4] et les réformes sociales de la Révolution tranquille [5].

Vincent, mon père

Noël 1958 à Plessisville alors que je viens de recevoir une toupie comme présent
Moi et mon père Vincent.

Je désire à ce moment-ci, partager les souvenirs que j’ai gardés de mon père. Sans doute que ceux-ci diffèrent quelque peu de ceux de mon frère et de ma sœur qui sont de dix et huit ans mes ainé-e-s.

Je me souviens de plusieurs moments privilégiés, alors que je l’avais tout à moi, loin de ma mère, loin du reste de la famille ou loin de l’école. Je me rappelle les promenades où il tirait le traineau sur lequel je prenais place. Je regardais les décorations lumineuses aux portails. Si nous rencontrions de ses connaissances sur la rue, il était tout fier de me présenter en disant que j’étais  le bébé de la famille. Je me choquais en lui signifiant que je n’étais pas un bébé et ça le faisait rire.

Que dire des visites dans les grands magasins à rayons de Montréal dans le temps des fêtes où il attendait patiemment en ligne avec moi pour que je puisse voir le père Noël ?

Je me souviens de sa magnifique voix de ténor qui faisait tourner les têtes à la messe du dimanche. Ma mère m’avait raconté que papa avait suivi des cours de chants avec Raoul Jobin (1906-1974) [6] et une certaine Nora Farago (1915-1953) [7] , tous deux de Québec. Lors d’une messe de minuit, il aurait même remplacé le célèbre ténor pour interpréter le « Minuit chrétien » (Adolphe-Charles Adam).

Raoul Jobin

Mon père aimait chanter, mais il nous arrivait parfois de lui demander d’arrêter, parce que nous écoutions la télévision, ce à quoi il nous répondait « je ne peux même pas chanter dans ma maison ».

Mon père adorait l’opéra. Je me souviens avoir passé quelques samedis après-midi avec lui alors qu’il écoutait les transmissions en direct du Metropolitan Opera de New York à la radio de Radio-Canada. C’est sûrement pour cette raison que l’art lyrique occupe une place très importante dans ma culture personnelle.

Mon père était passionné d’histoire et de géographie. L’exposition universelle de Montréal en 1967 m’a marqué pour la vie. Il m’expliquait patiemment les moments marquants de l’histoire du pays visité dans les pavillons nationaux. J’étais tellement fier de lui lorsque je voyais des visiteurs lui poser des questions, croyant parfois qu’il était un guide. Cet été merveilleux fut le dernier que j’ai vécu avec lui.

Sa santé déclina tranquillement au cours de l’automne. À la fin de février, il entra à l’hôpital pour passer une série d’examens. Je suis allé le visiter à quelques reprises avec ma mère. Il décompensait d’une fois à l’autre. Je lui téléphonais de temps en temps. La dernière fois que je lui ai parlé, il était faible au point où il échappa le téléphone. Le lendemain, c’était mon onzième anniversaire de naissance. Il avait attendu mon appel, mais je ne lui avais pas téléphoné parce que je le savais trop malade. Ma mère et tante Blanche-Alice l’ont veillé dans la nuit du 15 au 16 mars. Elles étaient revenues prendre quelques heures de repos lorsque le téléphone sonna. Quelqu’un à l’hôpital nous demanda de nous y rendre rapidement. Ma mère et ma tante n’ont presque pas parlé durant le trajet.  Dans mon cœur d’enfant, j’espérais un miracle. Mon père ne pouvait pas mourir.

À notre arrivée sur le département, mon frère Richard vint vers moi. Il m’a pris dans ses bras en me disant que papa était parti pour le ciel. Mon enfance s’est alors arrêtée pendant plusieurs semaines. La seule chose à laquelle je songeais était de mourir pour le retrouver.

Le deuil a été très long à faire. Je ne parle pas de semaines ou de mois, mais d’années et de plus d’une décennie. Non seulement je me savais aimé de mon père, mais je le ressentais profondément. Je n’avais que onze ans, mais son legs a été important, autant dans la construction de mes valeurs spirituelles, communautaires, qu’au niveau de ma sensibilité pour la musique, l’opéra, les arts en général et mon intérêt pour l’histoire.

Je suis certes très différent de l’homme qu’il a été. Il était très croyant et pratiquant contrairement à moi, qui selon les périodes de ma vie, ai plutôt voyagé entre la foi, les doutes et l’agnosticisme. La seule certitude qui demeure pour moi, c’est que mon implication sociale est une forme de laïcité imprégnée des valeurs évangéliques qu’il m’a laissées en héritage.

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J’ai retrouvé ce texte que j’avais écrit à son sujet il y a quarante ans. J’avais alors vingt-quatre ans.


À mon père

Au bout du chemin
Se dresse telle une croix,
Le tendre souvenir d’un homme
Que la vie m’oblige d’ignorer.

Livre à la main, le regard profond
Devant lui, c'est illuminé pour toujours
L’éternité consciente et intarissable
D’une vie qui pour moi n’est pas accessible.

Les capucines ont fleuri
Dans les jardins de l’Éden
Où sur des marches d’ébène
J’ai vu monter cet homme
À l’aspect sévère et au cœur de feu

Homme à l'immense tendresse
À qui aucun sentiment n’échappe
Je dis que mon seul regret
Fût de n’avoir pu te retenir
Au village où nous vivions

Les saisons se sont succédé.

Des unes aux autres
Tu t’es imprégné d’elles,
Jusqu’à ce que la plus dure
Vienne givrer ton visage
Et te couvrir à jamais de ses neiges.

Au printemps qui suivit
Tu n’as pas refleuri.

Seule ton image dans mon cœur
Évoque ses mots affectueux :
J’espère te revoir un jour,
Toi mon père qui me manque

[1] Encouragé par les jésuites, la Ligue du Sacré-Cœur répand le culte au Sacré-Cœur qui prend une grande ampleur au début du XXe siècle. La ligue n’est pas seulement une association pieuse mais elle est aussi une œuvre d’apostolat social qui a pour objet de propager la vie chrétienne dans la famille et dans la paroisse. S’adressant spécifiquement aux hommes, les ligues du Sacré-Cœur se sont souvent transformées en groupes de pression qui manifestent à l’occasion contre le relâchement des mœurs, le paganisme et les écarts de conduite. Partout, les membres des ligues veillent aux intérêts de l’Église et aux intérêts spirituels de la communauté. Les ligueurs, comme on les appelle, sont en quelque sorte des apôtres actifs agissant sous le patronage du Sacré-Cœur, dit aussi Cœur de Jésus. Voir: http://www.biographi.ca/fr/bio/hamon_edouard_13F.html

[2] La Société Saint-Jean-Baptiste (SSJB), fondée à Montréal en 1834 par Ludger Duvernay, est la plus ancienne association patriotique en Amérique française. Présente pendant un moment sur l’ensemble du continent, elle est partie prenante dans les luttes linguistiques et identitaires des francophones d’Amérique. Depuis les années 1960, le réseau des SSJB joue un rôle crucial dans la formation et la définition du nationalisme québécois contemporain. Voir: https://ssjb.com/ssjb/historique-de-la-fondation-de-la-societe-saint-jean-baptiste-de-montreal/

[3] Le Père Lelièvre est fondateur de la Maison Jésus-Ouvrier dans le quartier de Vanier. D’origine française, le père Victor Lelièvre (1876-1956), oblat de Marie-Immaculée, immigre au pays en 1903. Il sera pendant plus de 50 ans vicaire de la paroisse de Saint-Sauveur que les Oblats desservent. Cette paroisse ouvrière est caractérisée par la dévotion au Sacré-Cœur à laquelle l’arrivée du père Lelièvre donne un nouveau souffle. À compter de 1910, la fête du Sacré-Cœur comporte une procession au flambeau dans les rues, initiative du père Lelièvre. Pour cet oblat, le Sacré-Cœur est plus qu’un Dieu de la fête : c’est un Dieu pour hommes, le Dieu des travaillants et même, le Dieu de la ville. Le Sacré-Cœur devient extrêmement populaire à partir de 1914. Reconnu comme « le père des ouvriers », le père Lelièvre se voit confier par ses supérieurs l’ouverture, en 1923, de Jésus-Ouvrier, une maison de retraite destinée particulièrement aux ouvriers de la basse ville et aux ruraux de la région. Aux yeux des oblats, Jésus-Ouvrier est le berceau du syndicalisme catholique québécois. Le génie du père Lelièvre sera d’avoir donné aux petites gens un Dieu du quotidien et d’avoir réinventé la fête au profit des citadins. Voir: https://crc-canada.net/eglise-au-canada/20e-siecle/pere-lelievre.html

[4] Au début des années 60, les valeurs de la société changent ainsi que les besoins. Une réforme scolaire s’impose. Le gouvernement provincial l’initie en créant la Commission royale d’enquête sur l’enseignement, appelée commission Parent, du nom de son président, Mgr Alphonse-Marie Parent, professeur à l’Université Laval.En 1964, le rapport Parent sur l’éducation au Québec vient bouleverser cette chasse gardée qu’est l’école.  » La crise de l’enseignement est universelle. Partout sont remises en question les structures administratives et pédagogiques, partout se préparent ou s’appliquent des réformes plus ou moins radicales; c’est que l’homme moderne n’habite plus le même univers que ses ancêtres.  » Cet extrait du rapport Parent décrit bien le but visé par la commission d’enquête : repenser l’école du Québec. Le rapport reconnaît donc que le Québec accuse un sérieux retard en éducation et de nombreuses recommandations sont émises afin d’y suppléer : création d’un ministère de l’Éducation, d’un Conseil supérieur de l’éducation, des maternelles, des commissions scolaires régionales et des cégeps. L’arrivée de ces derniers sera bénéfique pour les universités puisqu’elle suscite un nouvel intérêt envers la poursuite d’études supérieures. Voir: https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1276283/education-quebec-commission-parent-histoire-archives

[5] La Révolution tranquille est une période de changements rapides vécue par le Québec dans les années 1960. L’expression « Révolution tranquille », aussi colorée que paradoxale, est utilisée pour la première fois par un auteur anonyme dans le Globe and Mail. Voir: https://www.thecanadianencyclopedia.ca/fr/article/revolution-tranquille

[6] Raoul (né Joseph Roméo) Jobin. Ténor, professeur, administrateur, haut fonctionnaire (Québec, 8 avril 1906 – 13 janvier 1974). D.Mus. h.c. (Laval) 1952. Issu d’une famille du quartier populaire de Saint-Sauveur où son père est tavernier, il fait partie de la chorale paroissiale dont il est soliste durant une dizaine d’années. Raoul Jobin a fait carrière en France, en Amérique du sud et au Metropolitan Opera de New-York. Il était reconnu pour sa maîtrise exceptionnelle  du répertoire français. Voir: https://www.thecanadianencyclopedia.ca/fr/article/jobin-raoul

[7] Nora Farago aurait enseigné à mon père certains chants du répertoire lyrique italien. D’après maman, elle était une parente du chanteur Johnny Farago. Elle est enterrée au cimetière Saint-Charles de Québec dans le même lot de famille que le célèbre chanteur pop/country québécois.

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Sépulture de Nora Farago
Cimetière Saint-Charles de Québec
Photo: Société d'histoire Les Rivières

Dernier d'une famille de trois enfants, j'ai œuvré une partie de ma vie dans le domaine de la santé et des services sociaux. Depuis neuf ans, j'ai entamé une nouvelle carrière comme directeur d'un organisme communautaire LGBTQ (2012-2021). En avril 2021, je serai coordonnateur des communications et agent de liaison à la Fédération de la famille Richelieu-Yamaska, un emploi idéal en contexte de ma préretraite. Mes passions sont multiples: Histoire, généalogie, droits de la personne, engagement communautaire, randonnées en nature, spiritualité, voyages, cinéma, musique et opéra sont mes principaux intérêts.

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