David Jarest (Saint-Hyacinthe-1861 / Bedford-1950) était le fils de Joseph Octave Jarest (Saint-Denis-sur-Richelieu-1824 / Bedford-1910) et d’Émilie Archambeault (Saint-Charles-sur-Richelieu-1823 / Probablement Bedford-Année inconnue).

Selon le recensement de 1911, il habitait à Bedford dans l’actuelle MRC de Brome-Missisquoi, en Estrie pour les uns, en Montérégie pour les autres. Il s’agit d’un statut territorial en discussion depuis un bon bout de temps.

« Le canton de Stanbridge, dont Bedford fait partie, fut créé en 1801. Cette même année Stephen Lampman achète les lots 1701 à 1707 situés en aval de l’actuel pont Zéphir-Falcon. Cette acquisition fait de lui le premier citoyen de la ville de Bedford.

À l’origine appelée « Stanbridge Falls », l’agglomération s’est développée en raison de la présence de la rivière aux Brochets. Cette rivière était pourvue d’un dénivelé de quelques 24 mètres sur une distance de 1,5 km offrant une puissance hydraulique considérable. En 1804, Abram Lampman, fils de Stephen, fut le premier industriel à s’établir en bordure de la rivière en construisant une scierie. Par la suite d’autres scieries s’installèrent et la construction de digues permit à de nombreuses industries de s’implanter telles que, meuneries, tanneries, manufacture de fabrication d’outils de ferme, de haches, de scies, fonderies, etc. Cet essor industriel eut pour effet d’attirer de nombreux travailleurs accompagnés de leurs familles.

En 1825 le nom de Bedford est donné en remplacement de celui de « Stanbridge Falls » et c’est en 1855 que Bedford devint le chef-lieu du comté de Missisquoi tel qu’on le connaît aujourd’hui. En 1879 on rapporte que « Cet important village, d’environ un mille de long, est le plus populeux du comté, dont il est le chef-lieu et se trouve dans le vaste et riche canton de Stanbridge. » En quelques années la ville progressa aussi rapidement en population qu’en ressources matérielles.

Incorporée le 1er mai 1890, la Ville de Bedford affiche un caractère urbain dès le tournant du siècle. Ainsi, la concentration d’activités économiques tant administratives, manufacturières que commerciales lui a permis de poursuivre son développement. »[1]

David Jarest était le frère de mon arrière-grand-père Jean-Baptiste Jarest. Il a épousé Marie-Caroline Poirier (Les Cèdres -1860 / Bedford-1937) le 16 novembre 1885 à Notre-Dame-de-Stanbridge. Il exerce le métier de barbier d’après le recensement de 1891 et celui de 1911. Sur la liste des électeurs de 1940, nous retrouvons David vivant avec ses deux filles Marie-Anna (Bedford-1886 / Bedford-1963) et Gertrude (Bedford-1896 / Bedford 1958). Cette liste est en anglais nous les présente ainsi :

David Jarest n’a pas eu que deux filles. En plus de Marie-Anna et Gertrude, il a eu un fils du nom de Louis-Philippe (Bedford- date inconnue  / probablement Bedford, date inconnue). Il a épousé Georgiana (Georgette) Binette (probablement Saint-Philippe-de-Laprairie-1897 / Saint-Hubert-1980 ) en 1925 à Montréal. Il était électricien de métier (selon la liste des électeurs, district d’Hochelaga 1935) et il habitait au la 4614 de la rue Parthenais à Montréal.

Deux autres filles sont nées du mariage de David et Caroline. Marthe (Bedford-1889 / Bedford-1895) et Hélène (Bedford 1904 / Inconnue-date inconnue).

Curieusement, sur le monument au cimetière Saint-Damien de Bedford, les noms de Philippe, Marthe et d’Hélène y sont inscrit sans toutefois indiquer l’année de la naissance et l’année du décès.

L’épouse de Louis-Philippe Jarest est inscrite dans le registre de mariage de la paroisse Saint-Louis-de-France de Montréal sous le prénom de Georgiana. Sur l’avis de décès dans le journal La presse elle se prénomme Georgette.

Registre de Saint-Louis-de-France (1925)

Louis-Philippe et Georgianna (Georgette) auraient eu quatre enfants. Thérèse 1926-2019, André (1930-2007), ainsi Bernard et Céline sur qui je n’ai pas de détails présentement.

Pour les fins de ce billet, retenons le nom d’André Jarest qui a aussi joué un rôle important en pharmacie à Bedford.

Lorsque j’ai lu dans l’avis de décès de Georgiana (Georgette) la présence d’un autre fils du nom de Jean Gérin, mon cerveau s’est emballé.  Par un concours de circonstances, je me suis souvenu l’avoir déjà rencontré quelque part dans les années quatre-vingt. Nous avions passé un après-midi et un début de soirée ensemble. Il m’avait dit qu’il avait été adopté par une famille Jarest.  Je lui avais alors fait part de mes liens familiaux avec des Jarest qui vivaient à Sherbrooke et Bedford. André Jarest et la pharmacie Jarest avaient à ce moment-là alimenté notre conversation.  J’avais demandé à ma mère si elle avait eu connaissance que des cousins de la famille de Bedford auraient pu adopter un enfant. Elle m’avait dit que oui, sans plus.

Quand on fait des recherches comme celles-ci, il y a plein de souvenirs qui resurgissent. J’étais évidemment très jeune. J’avais probablement quatre ou cinq ans quand je suis allé à Bedford avec mes grandes tantes Antoinette et Blanche-Alice Jarest et leur frère Armand Jarest. Ils allaient visiter la parenté. Je ne me souviens plus si mon père et ma mère étaient présents. Je ne me souviens pas non plus des personnes de la famille que nous avions rencontrées ou si Marie-Anna était présente. Ce qui est demeuré présent dans ma mémoire, c’est un pont et une rivière. Il m’est arrivé de rêver à cette scène à plusieurs reprises au cours de ma vie, sans savoir pourquoi.  Curieusement, j’ai passé rapidement à Bedford ces dernières années en allant aux États-Unis. Sans trop savoir pourquoi, j’ai pensé à ce pont et cette rivière à chaque fois, sans même savoir où ils sont situés.


Sépulture de Georgette Binette-Jarest
et de sa fille Thérèse Jarest Frigon
Cimetière Saint-Philippe-de-Laprairie
Avis de décès de Thérèse Jarest en août 2019 Journal de Montréal

Hier, je me suis donc rendu dans un premier temps à Saint-Philippe-de-Laprairie pour retrouver la sépulture de Georgiana (Georgette). J’ai réalisé que sa fille Thérèse était enterrée au même endroit, ce qui ne figurait pas dans l’avis de décès du Journal de Montréal du mois d’août 2019.

J’ai poursuivi ma route vers Bedford pour y retrouver la rivière aux Brochets dont je me souvenais, je n’ai cependant pas revu le vieux pont de mes souvenirs. À mon retour, en regardant de vieilles listes électorales, j’ai pu retracer l’adresse de la maison où habitait Marie-Anna Jarest. Par Google map, j’ai vu que la maison existe toujours. Avoir effectué cette recherche plus tôt, m’aurait permis d’aller voir le bâtiment sur place.

Le pont Zéphir-Falcon qui enjambe la Rivières aux brochets.
L’église Saint-Damien,.
Photo prise le 1 er mai 2021

Marie-Anna, Gertrude et André Jarest

Article du Devoir, 16 mai 1921
Paru dans La Presse de 1923

Marie-Anna Jarest a fait ses études en pharmacie à l’Université de Montréal. En 1923, une présentation dans le journal La Presse nous informe qu’elle a été admise comme pharmacienne de la province de Québec, faisant d’elle une des premières femmes, sinon la première de la profession. C’est tout de même impressionnant à cette époque. Sa sœur Gertrude, qui travaillait pour la Saunders Pharmacy se joint à elle pour ouvrir la pharmacie Jarest sur la rue Principale à Bedford.

Article / Journal inconnu
Une ancienne bouteille d’huile minérale, contenant qui avait servi à une autre produit connu sous le nom d’Absorbine JR.
À l’époque, on recyclait.

Au-delà du fait qu’elle était pharmacienne dans cette charmante ville de Brome-Missisquoi, c’était une femme d’une grande générosité qui a permis à plusieurs jeunes de faire des études supérieures. Son œuvre a fait des petits comme en témoigne un article dans la Voix de l’Est numérique du 24 mai 2019.

Il semble que son neveu André Jarest, fils de son frère Louis-Philippe, ait pris la relève en pharmacie à Bedford en 1960. Rien ne m’indique pour le moment si ce transfert s’est fait à la retraite de Marie-Anna ou s’il a agi indépendamment de sa de sa tante.

Pharmacie dont André Jarest a été le propriétaire jusqu’en 2002. située au 9, Place de l’Estrie, Bedford.

André Jarest dont la pharmacie a eu pignon sur rue pendant quarante-deux ans est maintenant la propriété de Maryse Lorrain sous la bannière Proxim. Il s’est éteint en 2007.

Conventum du Séminaire de Saint-Jean
André Jarest, dernière rangée à gauche
Avis de décès Partie manquante de l’avis: « Joseph Dion & Fils 215, rue Rivière, Bedford
Tel: 450-248-2911 Télec: 450-248-3479  josephdionfilsltee@bellnet.ca , Des dons à la Fondation de l’Hôpital du Haut-Richelieu seraient appréciés. Formulaires seront disponibles à l’église, le jour des funérailles. »

[1] https://ville.bedford.qc.ca/a-propos/

Dernier d'une famille de trois enfants, j'ai œuvré une partie de ma vie dans le domaine de la santé et des services sociaux. Depuis neuf ans, j'ai entamé une nouvelle carrière comme directeur d'un organisme communautaire LGBTQ (2012-2021). En avril 2021, je serai coordonnateur des communications et agent de liaison à la Fédération de la famille Richelieu-Yamaska, un emploi idéal en contexte de ma préretraite. Mes passions sont multiples: Histoire, généalogie, droits de la personne, engagement communautaire, randonnées en nature, spiritualité, voyages, cinéma, musique et opéra sont mes principaux intérêts.

0 comments on “Les Jarest de Bedford : des pharmaciens qui ont fait une différence dans leur communauté.

Laisser un commentaire

Entrer les renseignements ci-dessous ou cliquer sur une icône pour ouvrir une session :

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueueurs aiment cette page :