En 1621, les pèlerins de la plantation de Plymouth, au Massachusetts, tiennent la première cérémonie de l’Action de grâce en Amérique du Nord afin de remercier Dieu pour la fin de la sécheresse et une récolte abondante.

Au Canada, cette fête se situe le deuxième lundi d’octobre tandis que chez nos voisins américains, elle est plutôt célébrée le quatrième lundi de novembre. Une des raisons est que le Canada est un pays plus au Nord et que les récoltes se terminent habituellement à la fin de septembre et au début d’octobre.

Cette fête a aussi une origine coloniale et chrétienne en Amérique du Nord. On croit à tort qu’il s’agit d’une fête chrétienne alors qu’elle existait historiquement en tant que fête laïque. Il s’agit avant tout d’une fête d’hommes blancs qui ont imposé le christianisme en colonisant les peuples autochtones.

Méfiez-vous des versions de l’Histoire qui parlent des tribus autochtones qui célébraient l’Action de grâce avec les colons. S’il y a des parts de vérités, ce n’est pas toute la vérité, mais plutôt une réappropriation de l’Histoire aux fins de la propagande et de l’assimilation. Nous n’avons qu’à regarder de quelle façon les gouvernements du Canada ont traité les autochtones en créant les pensionnats où ils ont dénaturé, violé, terrorisé et parfois même assassiné les enfants. Le but était de faire mourir l’autochtone en chacun d’eux.

Comme l’affirme la professeure Jaqueline Romanow : « Ça retourne le fer dans la plaie, de voir tout le monde célébrer cette fête, qui consiste en un blanchiment culturel de plusieurs siècles de souffrance et de deuil autochtones. »


Célébrer l’Action de grâce différemment

« Jacqueline Romanow souligne que traditionnellement, l’automne a toujours été une période de festins et de rassemblements pour les peuples autochtones.

C’est la célébration de la fin des récoltes et le moment de se préparer à affronter le froid, dit aussi Scott Iserhoff. C’est la saison où on commence à chasser, on commence à sécher nos viandes et nos baies […] On se prépare aux mois d’hiver, explique-t-il.

Il remarque d’ailleurs que les repas traditionnels de l’Action de grâce sont pleins d’aliments autochtones, comme le maïs, les canneberges, la dinde et les courges.

Je pense que le temps est venu pour nous de nous réapproprier cela, lance-t-il.

Il remarque qu’aux États-Unis, certains chefs cuisiniers autochtones ont commencé à dénoncer les représentations blanches de l’Action de grâce et à réclamer leur place dans les magazines culinaires thématiques.

Il est temps de le faire. C’est comme ça que nous allons changer le schéma narratif, croit-il.

Jacqueline Romanow aimerait également voir cette fête célébrée différemment.

Je pense honnêtement que le reste du Canada devrait remercier les Autochtones pour les terres et les ressources qu’ils ont. « L’Action de grâce devrait être : une reconnaissance que c’était des terres autochtones et que les réserves sont une infime fraction des territoires que nous avions. »

Source : Ici Radio-Canada- Alberta

Pour moi, au-delà des terres non cédées par les peuples autochtones, il y a aussi le concept de « Terre-Mère » qui prend un sens important. Nous devrions cesser parler de protection de l’environnement et agir pour le mieux-être de la planète et l’avenir de l’humanité.

L’Action de grâce est certes habitée de vieux fantômes issus du colonialisme et de la domination religieuse. C’est malheureusement un concept désuet qui pourrait cependant évoluer pour être plus inclusif en y intégrant les rituels et les histoires que l’on retrouve chez les Premières Nations. Avons-nous si peur d’ébranler les colonnes du Temple?

Pour ma part, l’Action de grâce est d’avantage un moment de reconnaissance pour ce que nous avons reçu de la Vie, de la Terre et de nos Ancêtres, principes fondamentaux qui régissent nos valeurs spirituelles et de justice sociale.


Aujourd’hui…

Je rends grâce à la Vie
Pour la santé retrouvée
Pour la paix de mon cœur
Pour la sérénité qui m’habite

Je célèbre notre Mère la terre
Qui me nourrit,
Qui m’inspire,
Qui m’éblouit,

Je rends grâce à la Vie
Qui au-delà du chaos, des guerres et de la pandémie
Persiste à me parler d’amour et de paix

Je porte en moi une pensée
Pour mes ancêtres,
Pour ma famille,
Pour mes proches.
Pour mon compagnon de vie,
Sans qui mon existence perdrait son sens

Merci la Vie!


Pour aller plus loin…

Dernier d'une famille de trois enfants, j'ai œuvré une partie de ma vie dans le domaine de la santé et des services sociaux. Depuis neuf ans, j'ai entamé une nouvelle carrière comme directeur d'un organisme communautaire LGBTQ (2012-2021). En avril 2021, je serai coordonnateur des communications et agent de liaison à la Fédération de la famille Richelieu-Yamaska, un emploi idéal en contexte de ma préretraite. Mes passions sont multiples: Histoire, généalogie, droits de la personne, engagement communautaire, randonnées en nature, spiritualité, voyages, cinéma, musique et opéra sont mes principaux intérêts.

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