Cordonniers devant leur manufacture dans Saint-Roch. Source : BANQ

Quand le syndicalisme fait son apparition dans les manufactures de chaussures, en 1898, il ne s’agit pas à proprement parler d’une nouveauté. L’Union protectrice des cordonniers-monteurs de Québec avait été précédée par de nombreuses autres associations depuis le premier syndicat de la ville, la Société typographique canadienne de Québec, apparue en 1827. Dans l’industrie de la chaussure, les Chevaliers du travail avaient déjà préparé le terrain. C’est le premier mouvement ouvrier local à déployer avec succès, en dehors de toute institutionnalisation, ce qui deviendra le coffre à outils classique du syndicalisme combatif.  Lire la suite sur le site du Conseil central Chaudière-Appalache (CSN)…

Le journal le Soleil résumait l’évolution et le déclin de l’industrie de la chaussure dans un article du 12 avril 1972. Cette industrie a été le moteur économique de la ville de Québec pendant plus de cent ans. L’importation de la chaussure de l’étranger et les changements technologiques auront eu raison du déclin de cette industrie.


Le Soleil, article du 7 avril 1972

Dans notre lignée, il y a eu trois Ferdinand Gauvreau avant mon père. Je vous ai déjà parlé du premier Ferdinand (1810-1860) dont le décès en apparence suspect a été l’objet d’une enquête. Lire son histoire…

Quand le premier Ferdinand Gauvreau est né le 15 février 1810, son père Pierre avait 29 ans et sa mère Judith Vincent avait 28 ans. Il a épousé Geneviève Chamberland (1814-1860) le 20 octobre 1834. Ils ont eu cinq enfants en 10 ans. C’est du moins ce que j’ai trouvé par mes recherches à ce jour. Il est mort à son lieu de travail sur la rue « Sous le Fort » à Québec en 1860 à l’âge de 50 ans d’une attaque d’apoplexie (probablement une hémorragie cérébrale). Il était déjà veuf, son épouse étant décédée le 28 mai de la même année à l`âge de 43 ans.

Ferdinand Gauvreau (2e)

Le deuxième Ferdinand (1841-1904) était cordonnier.  Ferdinand Gauvreau est né en 1841 dans le quartier St-Roch de Québec, son père avait 31 ans et sa mère Geneviève Chamberland avait 27 ans. Il a épousé Adélaïde Côté (    -1921) en 1857. À ce jour, j’ai retrouvé trois enfants issus de ce mariage. Selon l’avis de décès de son épouse en 1921, le couple aurait donné naissance à six autres enfants. Cet avis n’offre que des informations très partielles qui ne me permettent pas d’en savoir davantage sur le reste de la famille pour le moment. Il est mort le 26 mai 1904 à l’âge de 63 ans. Pour le moment, je les traite comme des indices. Je dois m’assurer qu’il s’agit bien de la bonne Adélaïde Côté. De plus, les Gauvreau de diverses souches étaient très présents dans la ville de Québec à l’époque, tout comme certains prénoms à la mode revenaient souvent d’une famille à l’autre. Ce sont des informations à revoir.

Avis de décès probable d'Adélaïde Côté-Gauvreau, épouse de Ferdinand Gauvreau (2e)

Le troisième Ferdinand (1868-1953) était mon grand-père. Il est né le 13 février 1868 à Québec. Il a épousé Desneiges Plamondon (1873-1948) en 1896. J’ai retrouvé à ce jour 12 enfants issus de ce mariage grâce à des informations recueillies par mon oncle Robert Gauvreau (1905-1969). Il est mort à Québec le 1er mai 1953 à l’âge de 85 ans.

Il était lui aussi cordonnier. Cependant, dans les divers recensements où il figure, son métier porte le nom anglais de shoemaker, ce qui correspond davantage à « fabricant de chaussures ».

Pour les jeunes générations, le métier de cordonnier est plus associé à la réparation qu’à la fabrication. En réalité, mon grand-père, tout comme son père avant lui, et plus tard son fils Robert Gauvreau (1905-1969) étaient des fabricants des chaussures. Ils contribuaient par leur travail à cette industrie importante de la ville de Québec.

Je n’ai pas connu mon grand-père. Il est décédé quatre ans avant ma naissance. L’histoire transmise oralement dans la famille veut qu’il ait été un des fondateurs d’une section locale d’un syndicat des ouvriers de l’industrie de la chaussure à Québec. Je n’ai pas retrouvé à ce jour des documents qui peuvent le confirmer.

Mon frère m’a raconté dernièrement, que lors de ses funérailles, il avait été très impressionné de voir notre père Vincent Gauvreau (1911-1968) pleurer, un peu comme s’il découvrait pour la première fois la vulnérabilité de notre papa. Mon frère n’avait que six ans à ce moment-là. À 73 ans, il se souvient encore très bien ce moment.

Ferdinand Gauvreau (3e) et Desneiges Plamondon

Le troisième Ferdinand était tombé sous le charme de Desneiges Plamondon, dont certaines sources laissent entendre qu’elle serait née à Meriden dans le Connecticut aux États-Unis. Il disait c’était la plus belle femme qui existait. On ne peut que le croire lorsqu’on regarde toute sa beauté sur cette photo datant de l’année de leur mariage.

Desneignes Plamondon à l'âge de 23 ans

Registre de l'Église Saint-Jean-Baptiste de Québec, 1896
Mariage de Ferdinand Gauvreau et de Desneiges Plamondon

Le couple a eu 12 enfants en 19 ans. Ils ont été confrontés à la perte de plusieurs d’entre eux, dont deux fils décédés aux États-Unis.

  • Grégoire Gauvreau (1902-1904)
  • Irène Gauvreau (1904-1904)
  • Antonio Gauvreau (1897-1936)
  • Paul Omer Gauvreau (1901-1944)

À ce jour, les informations recueillies   dressent le portrait généalogique des familles des trois « Ferdinand Gauvreau » de la façon suivante :

 

 

Dernier d'une famille de trois enfants, j'ai œuvré une partie de ma vie dans le domaine de la santé et des services sociaux. Depuis neuf ans, j'ai entamé une nouvelle carrière comme directeur d'un organisme communautaire LGBTQ (2012-2021). En avril 2021, je serai coordonnateur des communications et agent de liaison à la Fédération de la famille Richelieu-Yamaska, un emploi idéal en contexte de ma préretraite. Mes passions sont multiples: Histoire, généalogie, droits de la personne, engagement communautaire, randonnées en nature, spiritualité, voyages, cinéma, musique et opéra sont mes principaux intérêts.

2 comments on “La famille Gauvreau et l’industrie de la chaussure à Québec

  1. Lorraine Gagnon

    Dominique,
    tes histoires me fascinent. Je m’empresse de lire tout ce que tu écris et je fais des découvertes a chaque fois.

    J’aime

  2. Lorraine Gagnon

    Antonio est celui qui a été porté disparu durant la premiere guerre mondial. Je crois t’avoir dis qu’oncle Robert l’avait retracé dans un hopital en Californie mais avait perdu sa trace par la suite. Dans ces temps la la correspondance était plus lente qu’aujourd’hui et on ne disposait pas de communication électronoique. Ma mère m’a raconté que lorsque les soldats revenus de la guerre défilaient dans les rues de Quebec, sa mère l’amenait en disant ouvre grand les yeux pour trouver Antonio. Quelle tristesse.
    Grégoire et Irene doivent etre mort à la naissance ou bébé. Ma mère ne m’a jamais parlé d’eux.
    Marie-Rose (Soeur Marguerite de Lorraine dont on m’a donné le nom !) travaillait à l’hopital Saint->François d’Assise et été très liée à nos vies.
    Tout comme Richard a vu pleurer ton père lors des funérailles de notre grandpère, j’aI vu ma mère pleurer pour la première fois dans l’église lors de la funéraille. Cela m’a marqué moi aussi parce que ma mère ne pleurait jamais.
    Derniere petite chose. Ma mère était avec son père lorsqu’il est décédé et juste avant de partir il lui aurait dit « J’entends chanter les anges ». Ca aussi m’a marquée.

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